Horza actionna les manettes de toutes ses forces, mais les moteurs a fusion ne repondaient plus. L’ecran montra d’un cote la muraille criblee de portes donnant sur d’autres docks, puis de l’air et des nuages au milieu, puis, sur le cote oppose, une muraille identique. La
— Wubslin ! hurla Horza.
Les moteurs a fusion ne repondaient toujours pas.
— Aaah !
Wubslin s’avisa brusquement qu’ils etaient en train de tomber, qu’ils n’avaient plus le controle de leur appareil. Il bondit sur les commandes qui lui faisaient face.
— Concentre-toi sur le pilotage ! lanca-t-il. Je vais essayer les dispositifs d’amorcage ! On a du mettre les moteurs en surpression !
Horza continua de manipuler tant bien que mal les commandes pendant que Wubslin s’efforcait de faire redemarrer les moteurs. Sur l’ecran, les parois tournoyaient follement ; sous l’appareil, les nuages se rapprochaient rapidement…
Le moteur avant reprit brusquement vie ; il se mit a crachoter furieusement et entraina l’appareil tourbillonnant vers l’une des falaises artificielles. Horza le coupa, remit le navire en vrille en se servant davantage de ses surfaces de controle que de ses moteurs, puis orienta le nez tout droit vers le bas et reposa le doigt sur le bouton du laser. Les nuages remonterent a toute allure vers le vaisseau. Horza ferma les yeux et actionna le laser.
Le VSG
Les salves de laser resterent totalement sans effet, encore que Horza ne s’en apercut pas sur le moment. C’etait en fait un des ordinateurs de Vavatch qui, prenant le relais des Mentaux de la Culture, se chargeait maintenant de la securite interne et avait ouvert une voie dans le champ de force pour laisser passer l’appareil en pleine chute. Il avait commis l’erreur de croire que le vaisseau en fuite occasionnerait moins de degats au VSG s’il l’autorisait a passer que s’il le laissait s’ecraser.
Voguant au centre d’un soudain maelstrom d’air et de nuages, au c?ur de son propre petit ouragan, la
Il s’empara a nouveau des manettes de propulsion, mais cette fois-ci sans toucher au moteur du nez de l’appareil. Les deux propulseurs principaux demarrerent, plaquant Horza contre son siege, dans l’etreinte ec?urante des champs de maintien. Il redressa le nez de l’appareil, qui tombait toujours en pique, et vit progressivement disparaitre le fond du puits, bientot remplace par une nouvelle paroi bordee de portes de docks beantes. Celles-ci etaient beaucoup plus grandes que les portes de Minidocks a l’etage qu’ils venaient de quitter, et les rares appareils visibles – qui entraient dans les alignements illumines de hangars gigantesques ou bien qui en sortaient – etaient des astronefs de taille superieure.
Horza gardait les yeux rives a l’ecran et pilotait la
Une autre muraille constituee d’enormes portes de hangar leur faisait maintenant face. Horza suivit du regard la courbure de l’ecran principal et fit prendre a la
Dans le lointain, droit devant eux, a cinq ou six kilometres environ, se profilait un carre de tenebres d’un kilometre de cote borde d’une discrete bande lumineuse qui clignotait lentement : la sortie du
Horza poussa un soupir et sentit son corps tout entier se detendre. A moins de se faire intercepter d’ici la, ils avaient reussi. Maintenant, avec un peu de chance, ils arriveraient meme a fuir l’Orbitale. Il poussa les moteurs a fond et poursuivit sa route en direction du carre noir comme de l’encre qui se profilait dans le lointain.
Soudain, Wubslin s’avanca sur son siege en luttant contre la poussee de l’acceleration et enfonca quelques boutons. Son ecran repeteur, encastre dans le tableau de bord, donna un agrandissement de la section centrale de l’ecran principal, qui affichait la vue droit devant.
— Ce sont des gens ! s’ecria-t-il.
Horza le regarda en froncant les sourcils.
— Quoi ?
— Des gens ! Ce sont des gens ! Ils doivent avoir des harnais anti-g ! On va passer en plein milieu !
Horza jeta un bref coup d’?il au repeteur de Wubslin et dut se rendre a l’evidence : le nuage noir occupant la quasi-totalite du petit ecran se composait d’etres humains evoluant lentement dans les airs, soit en combinaison, soit en vetements ordinaires. Il y en avait des milliers, et cela a moins d’un kilometre d’eux, distance qui, d’ailleurs, diminuait rapidement. Wubslin fixait l’ecran en agitant la main.
— Ecartez-vous ! Mais ecartez-vous donc !
Horza ne voyait vraiment pas comment contourner cette masse d’humains volants, ni comment passer au- dessus ou au-dessous d’elle. Qu’ils soient en train de jouer a quelque curieux jeu aerien ou simplement de s’amuser un peu, ils etaient trop nombreux, trop proches et trop eparpilles.
— Merde ! lanca Horza.
Il se prepara a couper les moteurs a plasma arriere avant que la
— Non ! hurla Wubslin.
Il rejeta violemment ses sangles de securite, sauta sur Horza et chercha a s’emparer des commandes. Le Metamorphe tenta de le repousser, mais en vain. Les manettes lui echapperent et, sur l’ecran principal, la vue s’inclina brusquement avant de se mettre a tournoyer. Le nez du vaisseau filant a toute allure se detourna de la sortie du VSG ainsi que du nuage d’individus aeroportes pour se diriger vers la falaise piquetee de lumieres signalant des entrees de Superdocks. D’un revers de bras, Horza frappa Wubslin a la tete et l’expedia au sol, assomme. Il detacha des commandes les doigts inertes de l’ingenieur, mais il etait trop tard pour changer de cap. Horza stabilisa l’appareil sur son itineraire.
La
