Mss. nouv. acq. fr. 3241 (f. 165).

Ordre de M-r Jallier de Savault, conseiller adm-r de la Municipalite de Paris a l’entrepreneur de la demolition de la Bastille.

Je prie justement M-r Palloy comme la ville se trouve surchargee par des depenses journalieres, d’ordonner une suppression d’ouvriers, mais que cette supression ne frappe pas sur les hommes charges d’une nombreuse famille, qui meritent tous egard et que la preference demeure a ceux qui ont des droits par leurs anciennete dans cette demolition, je m’en rapporte a votre zele et a la surveillance de M-rs les inspecteurs.

A Paris ce 25 Octobre 1789.

Signe Jallier de Savault,

Cons-er Administrateur de la

Municipalite de Paris.

XI

Нац. арх.

D. IV. 49. Пачка 1425 (fevrier a juillet 1790)

Сверху пометка:

«comites de constitution et imposition le 13 fevr.»

13 Fevr. 1790.

Les ouvriers du Fauxbourg St. Antoine a l’Assemblee Nationale.

Messieurs!

Nous sommes francais! notre liberte est l’?uvre honorable de votre sagesse. Votre inalterable civisme nous inspira le noble et perseverant courage qui assure notre conquete: nous saluons dans cette auguste assemblee les patriotes genereux qui nous ont fait devenir des hommes, et qui ont applaudi avec allegresse lorsque nous avons brise nos fers. Avant tout nous renouvelions le serment unanime de vivre et mourir pour la loi, nos freres et la liberte. Vous avez, Messieurs! proclame les francais pour un peuple d’amis et de freres; cette juste proclamation nous impose le devoir de vous assurer que de nouvelles preuves de notre valeur et de notre force vous seront toujours donnees avec un empressement plus vif et mieux entendu qu’en 1789. Nous declarons qu’avant de. parvenir jusqu’a vous les ennemis auront du s’ouvrir un passage a travers nos c?urs. Qu’ils se persuadent bien que les francais sont libres, qu’ils ont forme la noble et vigoureuse resolution de ne pas cesser de l’etre; pareeque nous savons qu’une nation qui perd sa liberte ne la recouvre jamais. Nos freres des departements s’accordent a penser comme nous; ils sont nos rivaux de zele et de patriotisme; ils s’uniront a nos efforts ou plutot ils nous permettront d’unir les notres aux leurs.

Nous venons deposer dans le sein de nos augustes representants l’expression d’un v?u qui a l’?il de la nature doit paroitre simple autant que juste et qui etant accueilli, feroit evanouir la preseance des aines sur les cadets c’est-a-dire des fortunes sur ceux qui ne le sont pas. Les aines — ce sont les citoyens actifs; les cadets n’ont que le titre de citoyens francais; et il nous semble qu’un droit d’ainesse detruit celui de l’egalite, de la liberte meme.

Loin de nous toute volonte particuliere! nous exprimons notre desir, dont nous souhaitons l’accomplissement, pourvu qu’il n’altere en rien le cours et les prudentes combinaisons de la volonte generale. Loin de nous tout esprit de division et d’interet prive! Si votre sagesse juge a propos de favoriser notre demande nous aurons eu le bonheur de ne pas nous etre trompes. Si le contraire arrive, legislateurs! notre zele inviolable n’en sera que plus actif et plus civique; vous nous verrez toujours vos plus zeles defenseurs. Nous ne sommes pas citoyens actifs, pareeque nous ne payons pas une imposition directe. Cependant l’activite civique, ne le dissimulons pas a nos meilleurs amis est a nos yeux le plus beau titre qui puisse honorer de bons francais: ah! si nous pouvions l’obtenir, l’indigence laborieuse souferte au sein d’une probite severe annobliroit nos ames fieres et naives qui ne connoissent ni les besoins de detail, ni les voluptes, ni les corrup-lions de la richesse. Les m?urs y gagneroient infiniment. Quand les hommes ont la conscience de ce qu’ils valent et une juste estime d’eux-meme, la sphere de leurs facultes intellectuelles s’aggrandit; ils sentent bientot une certaine majeste dont ils doivent soutenir l’influence; un imperieux instinct les derobe au piege jadis coutumier, des souillures morales; ils recoivent le sentiment delicat de la pudeur; et la, ou le peuple aime a reconnoitre l’empire et le caractere de la vertu, commence le regne des m?urs.

Daignez, Messieurs! considerer que la pauvrete est le fleau de la multitude, et celle-ci compose les deux- tiers de la population francoise. Si le premier tiers est quelques chose ou peut le devenir et que les deux autres ne soient rien, l’un jouit de tous les bienfaits, inseres dans vos nouvelles loix, tandis que les deux autres entierement passifs languissent dans la nullete la plus absolue.

C’est le contraste de la richesse avec la pauvrete qui constitue l’utilite de l’une a l’egard de l’autre. Si personne n’etait pauvre, personne ne seroit riche. Quelle difference y a-t-il donc entre celui qui a de la fortune, et celui qui n’en a pas, l’homme fortune, fatigue de loisirs, achete de quoi satisfaire ses gouts, ses caprices, ses besoins superflus. Le pauvre qu’il paye, se donne la peine de lui vendre et d’executer ce qui plait a ses fantaisies. L’un sans talent, seroit bien a plaindre, si la fortune lui manquoit, l’autre qui eprouve peu de besoins scait quelquefois trouver le bonheur avec le salaire de son industrie. Tous les deux sont des hommes; et mis dans la balance de la vertu, l’indigent peut souvent l’emporter sur le riche; il ne lui manquera que de l’instruction; mais qu’on eleve son ame il en aura bientot acquis. Qu’on se rapelle que presque tous les hommes de genie on ete pauvres.

Comment seroit-il donc possible de nous accorder l’activite civique? Nous formons le v?u le plus unanime en faveur d’une imposition capitale que l’on pourrait percevoir sur chacun de nous, comme la taille personnelle, etablie sur les cultivateurs non proprietaires; il seroit facile de faire des retenues sur le prix de nos journees et de le (sic) verser, ensuite, au bout de chaque quinzaine et de chaque mois entre les mains d’un citoyen actif qui en compterait a la caisse du district. Ce que l’on feroit pour nous, pourroit etre mis en pratique pour tous les autres ouvriers de Paris: et ce qui seroit possible dans les murs de la capitale pourroit l’etre dans tous les departements. La quittance de notre imposition serviroit a chacun de nous de titre pour avoir une carte de citoyen actif. Ce seroit la le complement de l’Egalite fraternelle. Sans quoi notre existence rapelle celle des ilotes. Des Ilotes dans Lacedemone! Ils perdirent et deshonorerent cette libre et majestueuse Republique. Nous demandons, si cela ne nuit pas a la chose publique qu’on fasse disparoitre jusqu’au nom fletrissant des impositions indirectes. Que chaque tete paye deux sols par jour; chacune d’elle acquittera alors par mois 3, et pour l’annee 36 I. Il y a 25 millions de Francais, vous aurez donc une recette annuelle et totale de 900 millions; mais supposons qu’un tiers echape a l’impot, il vous restera toujours ce que vous desirez, Messieurs — le produit net de 600 millions. Quel citoyen ne donnera pas deux sols par jour, pour salarier la force necessoire qui s’aplique a la Loi!

Les impots indirects ont des inconvenients remarquables; ils arment, dans une meme patrie des freres contre des freres; ils produisent les memes scenes sanglantes que le fanatisme parmi nos ayeux; les uns veulent enfreindre les loix fiscales et les autres repoussent les violateurs, les armes a la main. Entre l’attaque et la resistance s’allument des haines implacables, aux extremites des villes ou des departements, la ou devroit veiller la sentinelle de la liberte, sous l’egyde de la Cocarde et du Patriotisme, on ne rencontre que des ennemis et des perturbateurs.

Si le droit et la liberte sont tout, pour que ce tout soit egalement partage il nous semble qu’il faut diminuer, autant qu’il est possible, le nombre

des oppresseurs soudoyes afin d’etre moins affliges par les plaintes, les miseres et les larmes des opprimes.

Une taxe personnelle ne deshonore personne; au contraire chacun devra la supporter avec plaisir; chaque citoyen verra ce qu’il doit et ce qu’il donne a la patrie; il en surveillera l’emploi; il indiquera les abus; et avec le temps, l’or des subsides n’ira plus se perdre dans les canaux multiplies d’une fiscalite astucieuse, il y a une certaine facilite, un certain art a deployer dans le mode de perception. L’on peut tout avec les encouragements»

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